Le secret de la médiation repose sur l’intervention du Médiateur : professionnel extérieur dont le rôle est d’organiser et faciliter des échanges de qualité et constructifs : Le médiateur facilite sans décider. Le médiateur n‘est ni un arbitre, ni un juge, ni un sachant : il ne conseille ni n’impose aucune solution et ne tranche pas le litige. Il doit au contraire se garder de formuler tout avis sur le fond du litige et ne pas influencer les médiés dans la recherche de leur solution puisqu’elle ne doit naître que de leurs volontés propres pour répondre à leurs besoins. Ainsi neutre et impartial, le médiateur s’abstient de toute prise de position sur les intérêts en jeu et veille à assurer une considération équilibrée des parties. Son rôle est d’accompagner les médiés dans la recherche d’un accord. Pour les y aider, il organise et régule les échanges, en définit et fait respecter le cadre. Il mobilise également des outils de communication permettant de structurer les discussions et de favoriser l’avancée d’un dialogue respectueux et constructif : écoute active, reformulation, techniques issues de la Communication Non Violente ou de l’Analyse Transactionnelle notamment. Cette méthode garantit la qualité du dialogue par le respect de la parole de chacun et l’écoute réciproque. Elle permet d’identifier les perceptions individuelles et les intérêts en présence, et aide à faire émerger les besoins, afin de clarifier les enjeux et permettre aux médiés d’identifier les solutions adaptées en réponse. Mais in fine ces échanges s’inscrivent dans une démarche volontaire et reposent sur l’implication des médiés et leur volonté d’être les acteurs de leur propre solution afin de parvenir à formaliser un accord librement consenti. La médiation est une procédure à part entière, dont le déroulement est strictement encadré et formalisé via la signature d’une convention entre les médiés pour assurer la lisibilité des engagements, des étapes et la sécurité des échanges. La médiation s’inscrit dans un calendrier resserré, convenu ensemble en fonction des impératifs de chacun, afin de garantir des discussions rythmées et d’aboutir à une solution obtenue dans des délais la rendant compatible avec les impératifs stratégiques du dossier. A compter de la signature de la convention, la durée prévisible d’une médiation est d’environ 8 mois afin de tenir : un entretien individuel initial avec chaque médié souvent en visio-conférence, une à trois réunions plénières en présence de tous, espacées de délais de réflexion et d’élaboration de documents utiles à la recherche de solutions (réalisation de devis, prise d’avis techniques, collection de documents) auxquels peuvent s’ajouter des échanges individuels complémentaires avec le médiateur ou entre les parties directement. Il peut être mis fin à la médiation à tout moment par les médiés, de même que par le médiateur de sa propre initiative s’il estime qu’une partie n’est manifestement pas pleinement engagée dans la transparence du processus. La confidentialité de principe qui couvre l’ensemble des dires échangés et pièces élaborées pendant le temps de la médiation, permet de libérer la parole, de discuter d’informations sensibles, de préserver une réputation et de communiquer ou de faire établir des documents sans crainte d’exposition ou d’instrumentalisation ultérieure. Cette transparence est indispensable à l’émergence de propositions honnêtement contributives et pertinentes. Dans leur recherche de solution, les médiés peuvent être amenées à devoir recourir à des avis techniques d’hommes de l’art voire organiser une mesure d’expertise amiable, de la même manière qu’ils pourraient la solliciter d’un juge. Ils pourront alors librement choisir ensemble leur expert, dont la compétence sera communément admise, et lui attribuer sa mission afin de disposer d’un rapport sur les points techniques qui doivent être levés. Les médiés décideront ensemble si ses conclusions expertales seront couvertes par la confidentialité de principe qui prévaut à la médiation ou bien pourront s’accorder pour déconfidentialiser a priori le résultat de cette mesure d’instruction afin de pouvoir s’en prévaloir au besoin dans un cadre extérieur ou en cas d’échec de la médiation. L’accord de médiation est le fruit du dialogue et de la volonté responsable des médiés de définir ensemble les conditions de résolution de leur désaccord. Etant ainsi la résultante de leur pleine adhésion, ils l’exécutent naturellement. Si les médiés devaient néanmoins l’estimer utile, ils pourront solliciter l’homologation de l’accord de médiation par le juge sans que celui-ci ne puisse en modifier les termes, sous la seule réserve de l’absence d’infraction à l’ordre public, ou par une simple demande d’apposition de la formule exécutoire par le greffe. Méthode & Processus
La méthode : écoute active et recherche d’intérêts communs
Un processus rythmé et sécurisé